Le
Liban et le Brésil:
des liens fondés sur la plus grande
communauté libanaise dans le monde
Libanais
du Brésil
ou
l'exemple d'une émigration libanaise d'Amérique
du Sud
toujours liée au Liban et à la Francophonie...
Octobre
- Novembre 2025
La Francophonie libanaise se rencontre
et se vit aussi au Brésil comme ici à Rio, comme
nous le raconte cet extrait de lémission «
Destination Francophonie » diffusée le 22 octobre
sur TV5 Monde.
Dans les premières minutes de l'émission Mme Katia
Chalita sert de guide pour nous emmener au coeur de la francophonie
libanaise au Brésil qui constitue encore un grand réservoir
pour la francophonie en Amérique Latine.
On estime à environ six
millions le nombre total de brésiliens aux racines libanaises
avec une émigration dont la première vague remonte
à la fin du XIXème siècle.
Brésil
et Liban : quatre-vingts ans damitié
Par Mauro Luiz IECKER VIEIRA ministre des relations
extérieures du Brésil
Huit
décennies se sont écoulées depuis la création
de la Légation du Brésil à Beyrouth, le 13
novembre 1945. Plus quune simple commémoration, nous
célébrons aujourdhui un partenariat fondé
sur des valeurs et des engagements ancrés dans les sociétés
brésilienne et libanaise.
Le
Brésil et le Liban sont des nations plurielles et elles
en sont fières. Nos peuples sont multiconfessionnels
et des affluents de diverses civilisations. Les Brésiliens
dorigine libanaise se comptent par millions. Partout au
Brésil, de São Paulo à Manaus, de Rio de
Janeiro à Foz do Iguaçu, ils ont contribué
de manière décisive au développement culturel,
économique et politique du pays.
Nous
sommes reconnaissants pour laccueil généreux
que le Liban réserve à la communauté denviron
vingt-deux mille Brésiliens qui y résident, dont
une majorité de femmes. LEspace de la femme brésilienne
qui va être inauguré ce mois à lambassade
du Brésil à Beyrouth travaillera en coordination
avec les autorités locales et les organisations non gouvernementales
pour promouvoir lautonomie et les droits des ressortissantes
brésiliennes.
Le
Brésil souhaite la paix pour le Liban, pour le bien de
son peuple et du Moyen-Orient dans son ensemble. Nous avons
contribué jusquà présent avec approximativement
quatre mille militaires à la Force intérimaire
des Nations unies. Le Brésil comprend que la conclusion
des missions de maintien de la paix établies par le Conseil
de sécurité, telles que la Finul, doit se conformer
strictement à lexécution de leur mandat
et non à des échéances artificiellement
fixées. Loccupation continue de vastes parties
du territoire libanais par les Forces de défense israéliennes
et les violations constantes et graves du cessez-le-feu signé
en novembre 2024 sont inacceptables.
Le
Liban a payé un prix élevé à linstabilité
régionale. Le Brésil na pas hésité
à exiger la fin des atrocités dans la bande de
Gaza, qui ont déjà coûté la vie à
plus de 68 000 Palestiniens. Nous considérons quil
est impératif que la récente libération
des otages israéliens et des prisonniers palestiniens
saccompagne dun arrêt complet des hostilités
et dune reprise totale de laide humanitaire. Pour
être durable et légitime, la reconstruction de
Gaza doit être placée sous le commandement de lÉtat
palestinien, reconnu par le Brésil en 2010. La solution
à deux États est une étape incontournable
pour une paix durable au Moyen-Orient.
Le
gouvernement brésilien a confiance dans la détermination
avec laquelle lÉtat libanais, sous la direction
du président Joseph Aoun, cherche à affirmer son
autorité sur lintégralité du territoire
national et à voir la mise en uvre des mesures
quil juge nécessaires pour attirer des fonds internationaux
et renforcer léconomie libanaise.
Il
est encourageant de constater que les échanges bilatéraux
ont atteint des niveaux sans précédent ces dernières
années, où le Brésil figure déjà
comme le plus grand fournisseur de sécurité alimentaire
au Liban. Je reconnais limportance des organismes tels
que le Conseil dhommes daffaires libano-brésilien,
basé à Beyrouth, ainsi que la Chambre de commerce
libano-brésilienne et la Chambre de commerce arabo-brésilienne,
dont les sièges sont à São Paulo, dans
le renforcement persistant des liens économiques entre
les deux pays.
La
coopération humanitaire et technique avec le Liban sintensifie
également de jour en jour, avec des projets en cours
de réalisation ou dexamen dans les domaines tels
que la santé, lenvironnement, la défense
civile, lalimentation scolaire, la modélisation
des politiques publiques et la sécurité sociale.
Le dialogue entre les systèmes universitaires brésilien
et libanais est tout aussi prometteur, avec le renouvellement
récent des instruments destinés à stimuler
la mobilité académique et les échanges
en matière de recherche et dinnovation.
Beyrouth
accueille, dans le quartier bienveillant dAchrafieh, lunique
centre dans le monde arabe de lInstitut Guimarães
Rosa. Il propose des cours de portugais à plus dune
centaine détudiants et une programmation de musique,
de danse, de cinéma, de littérature, de photographie
et darts plastiques inscrite dans le calendrier culturel
libanais.
La
ville de Tripoli abrite un symbole daffinité entre
les deux nations : la Foire internationale Rachid Karamé,
uvre dOscar Niemeyer classée au patrimoine
mondial de lUnesco. Dans lune des villes les plus
importantes du Liban sur le plan historique, larchitecte
brésilien a idéalisé un véritable
hommage à la modernité, comme il lavait
fait à Brasilia.
Rares
sont les pays où laction diplomatique brésilienne
trouve autant décho dans les tissus sociaux respectifs
comme au Liban. Cest un dialogue qui dépasse le domaine
public et unit les sociétés. Que ce dialogue puisse
être cultivé dans un contexte de paix et de stabilité
!
Mauro
Luiz IECKER VIEIRA, brésilien aux racines suisses est le
ministre des relations
extérieures du Brésil.
Il a écrit ce texte en français qui est paru dans
le journal libanais francophone l'Orient le Jour le 12 novembre
2025.
De
commerçants à président :
au cur de la vaste communauté libanaise du Brésil
Les Libanais ont commencé à émigrer au Brésil
à la fin du XIXe siècle en raison notamment de la
crise économique que traversait alors lEmpire ottoman.
Aujourdhui, la communauté y est plus grande que la
population libanaise restée au pays
Une vaste diaspora aux racines profondes
Pour comprendre la taille et limpact de la diaspora libanaise
au Brésil, il faut remonter à la fin du XIXe siècle,
lorsque la première vague dimmigrés levantins
est arrivée sur les côtes brésiliennes.À
la fin des années 1870, environ 150 000 migrants sont arrivés
de diverses régions de ce qui est aujourdhui le Liban
et la Syrie à la recherche dun avenir meilleur...
De « colporteurs » à
présidents
Linfluence de la communauté libanaise ne se limite
toutefois pas aux affaires et au commerce : les immigrés
libanais ont également eu un impact sur le développement
intellectuel et social du Brésil. « De nombreux intellectuels
et journalistes se sont installés au Brésil au tournant
du siècle, cétait en fait une communauté
très variée...
Notoriété culinaire
De fait, limpact le plus durable et le plus tangible des
Libanais au Brésil est peut-être davantage prosaïque
et accessible que la politique : leur influence culinaire...
Lhistoire et linfluence de la diaspora libanaise ont
généré un sentiment de fierté au sein
de la communauté.«
Le Brésil est la patrie qui vous offre la citoyenneté,
le respect, la dignité et lavenir, tandis que le
Liban offre une compréhension des racines et valeurs culturelles,
religieuses et humaines dune personne », souligne
Frangieh.
« Cest très gratifiant dêtre brésilien,
davoir des enfants brésiliens, et en même temps
de reconnaître ses racines libano-arabes. »
> Pour
lire le reportage de MEE - Middle East Eyes én entier,
cliquez ci-dessous !
La
fin des années 1990 et le début des années
2000 ont marqué le point de départ d'un renouveau
et nouvel élan des relations entre le Liban et le Bresil
Les présidents Lula et Lahoud
fin 2003
Novembre 2007
La saga brésilienne :
trois vagues démigration pour six millions de Libanais
Hier des colporteurs appelés « Turcos »,
aujourdhui de grands hommes daffaires,
des députés et des gouverneurs Une
première vague de 1880 à 1900
Au cours de la première phase de lémigration
libanaise au Brésil, ces pionniers ont vécu plusieurs
expériences aventurières et dramatiques et leurs
histoires ont couvert de grandes pages de la littérature
du « mahjar ». Ils étaient surtout de jeunes
célibataires qui, en arrivant au Brésil, ont trouvé
un peuple hospitalier qui leur a permis de se sentir chez eux.
Lun des pionniers très connu à lépoque
était Youssef Moussa Abdel-Ahad Chidiac, connu au Brésil
sous le nom de Youssef Miziara, du nom de son village au Liban-Nord.
Il est arrivé à Rio de Janeiro en 1880. Parmi
les autres familles pionnières, nous citerons les Dib,
Aoun, Yafet, Labaki, Yassine, Sarkis, Saleh...
Lémigration libanaise était spontanée,
cest-à-dire sans aucune protection de lÉtat.
Le seul document que les Libanais avaient en main était
un passeport turc qui, dune certaine façon, les
aidait à entrer au Brésil grâce à
laccord damitié signé en 1858 entre
le Brésil et lEmpire ottoman. Cest en raison
de ce passeport que les émigrants libanais étaient
dailleurs faussement appelés les « Turcos
» (Turcs) dans toute lAmérique.
Les premiers émigrants libanais arrivèrent au
Brésil avec lespoir de se constituer une fortune
rapide, qui leur permettrait de retourner au pays le plus tôt
possible. Ils formèrent des groupes et se rassemblèrent
en fonction de leurs villages au Liban. Particulièrement
dynamiques, ils ont choisi comme activité principale
le commerce du porte-à-porte, autrement dit le métier
de colporteur. Au Brésil, on les appelait les «
Mascates ». De fait, ce genre de commerce nexigeait
pas davoir un important capital et ainsi, de ville en
ville, les Libanais se sont éparpillés à
travers tout le territoire brésilien. Ils ont surtout
suivi les cycles économiques de leur pays daccueil
: exploitation du caoutchouc, de lor, de la canne à
sucre ou du café. En réalité, ils nont
pas trop travaillé dans ces produits, profitant plutôt
de la concentration de la population pour proposer des marchandises
de première nécessité et pratiquer léchange
de produits. Le travail était dautant plus dur,
quau début ils ne connaissaient pas la langue portugaise
et les traditions du pays. Mais peu à peu, ils ont réussi
à amasser des capitaux et à monter des affaires,
contribuant ainsi à léclosion de grandes
artères commerciales comme la rue 25 de Março
à Rio de Janeiro, la rue da Alfandega et bien dautres.
Décidés à fixer leur résidence,
les Libanais ont fini par sintégrer à la
société brésilienne, formant une colonie
que je préférerais appeler « collectivité
», du fait quils ne sont pas concentrés dans
une seule ville ou une seule région, mais se sont étendus
à travers tout le territoire brésilien, de São
Paulo à lAmazonie du Nord, jusquau Rio Grande
do Sul au Sud.
Une
deuxième vague de 1900 à 1950
Dans cette seconde phase, lémigration libanaise
est devenue mieux structurée. Au cours des deux grandes
guerres mondiales, le Liban traversa lune des plus sombres
pages de son histoire et connut la famine, les maladies contagieuses,
les disputes politico-religieuses et le blocus maritime. Afin
de faire face à cette situation, les émigrés
envoyèrent des aides à leurs familles restées
au pays. À partir de 1914, le nombre des émigrants
libanais augmenta et les statistiques brésiliennes enregistrèrent
45 775 nouveaux arrivants.
Les Libanais du Brésil ne voulaient pas se constituer
en groupe dexpatriés, cest-à-dire
des personnes pensant au retour, mais en collectivité
démigrés ayant décidé de fixer
leur résidence. Grâce à leur obstination,
leur désir de vaincre et leur tradition ancestrale du
commerce, ils ont progressé et sont devenus dimportants
hommes daffaires, sadjugeant un rôle remarquable
dans la production industrielle et sa commercialisation dans
les régions les plus éloignées du Brésil.
En 1913, ils ont fondé la première Chambre de
commerce syro-libanaise à São Paulo. Dans les
années 30, les Libanais et leurs descendants commencent
à jouer un rôle important dans le secteur industriel,
spécialement dans la fabrication de tissus (ils détiennent
50 % de cette industrie), mais aussi dans la production du plastique,
du fer, du papier et dans la construction. À titre indicatif,
le Groupe Yafet était devenu le deuxième groupe
industriel brésilien, après le groupe italien
Mattarazzo. Entre 1900 et 1935, les Libanais représentaient
70 % du commerce, 10 % de lindustrie et 5 % de lagriculture,
de la construction ou des services.
Durant cette période de fixation et de stabilité,
les émigrés libanais ont fondé des lieux
de culte, des clubs (on en compte plus de 300 aujourdhui)
et des centres littéraires.
Une troisième
vague commencée en 1975
Après 1975, on estime à près dun
million les Libanais qui ont dû quitter le pays, sinstallant
à travers tous les continents, dont lAmérique
latine. À partir de 1991, environ 820 000 Libanais ont
également quitté le Liban. Après 1995,
avec le ralentissement économique et le chômage,
a débuté une nouvelle émigration comprenant
en grande partie des personnes qualifiées. Lémigration
a donc laissé des marques négatives profondes
au Liban, lui faisant perdre des potentialités, des talents
et des ressources humaines capables de produire une richesse
permanente dans le pays. En contrepartie, il y a eu des points
positifs, notamment les fonds envoyés par les émigrés
à leurs familles restées au Liban. Cet afflux
de capitaux continue encore de jouer un grand rôle dans
léconomie libanaise.
Les émigrants libanais ont parallèlement participé
et participent encore activement au développement des
pays daccueil. Ils ont certes connu des difficultés,
mais les ont surmontées. Aujourdhui, ils font partie
intégrante des sociétés daccueil
et leurs enfants, qui ont fréquenté les écoles
et les universités, sont devenus influents sur tous les
plans : social, culturel, économique et politique. Au
Brésil, en un peu plus de cent ans, ils sont passés
du statut de Libanais à celui de Brésiliens dorigine
libanaise. Mais ils ont gardé leurs racines nationales,
que lon retrouve dans la littérature du «
mahjar », à travers des auteurs tels que Radwan
Nassar ou Milton Hatoum. Au niveau politique, certains sont
devenus sénateurs, députés, gouverneurs
et représentent aujourdhui 10 % du Congrès
national. Forts de quelque 6 millions de personnes (sur les
180 millions que compte le pays), les Libanais constituent la
communauté la plus importante au Brésil. Roberto
KHATLAB
Mai 2006
Lancement du chapitre brésilien
de LIBAN LIBAN
(Lebanese International Businessmen Association Network), une
association de jeunes hommes daffaires et dentrepreneurs
libanais, a annoncé la création de son chapitre
au Brésil. LIBAN, dont le but est de créer un
réseau entre les Libanais et les membres de la diaspora
pour développer les relations économiques, organise
et participe à de nombreux événements pour
promouvoir linvestissement et la coopération commerciale.
Créée en octobre 2000, lassociation a déjà
plus de 25 chapitres dans le monde, dont 10 dans les pays arabes.
Elle entretient des relations avec les ambassades pour promouvoir
les échanges de délégations commerciales
ainsi quavec des institutions internationales, telles
que la Banque mondiale et lUNDP.
La signature du protocole avec les parties brésiliennes
a eu lieu au cours dun dîner organisé par
lassociation en lhonneur dune délégation
dhommes daffaires en visite au Liban. À cette
occasion, le président de LIBAN, Robert Jreissati, a
annoncé que lorganisation va organiser, dans les
locaux des Nations unies, un forum économique mondial
annuel pour ses membres du Liban et de létranger
pour renforcer le développement économique et
social du pays.
Janvier 2006
La diaspora libanaise au Brésil, biographie annotée
et commentée
Six millions démigrés
ont marqué le secteur financier du pays
Roberto
Khatlab, historien brésilien, sondeur émérite
de limmigration libanaise au Brésil, ne lâche
pas son sujet de prédilection. Après avoir exploré
les relations amicales entre le pays de la samba et celui de
la taboulé dans « Brésil-Liban : une amitié
qui transcende les distances » (éditions Farabi,1999)
et après son récit détaillé de la
visite de lempereur dom Pedro dans « Mahjar, Saga
in Brazil, An Iconographic Sociology » (éd. Mokhtarat,
2003), il publie aujourdhui une bibliographie annotée
sur le sujet, justement intitulée « Lebanese Migrants
in Brazil, An Annotated Bibliography ».
À cette occasion, le chercheur, associé au Lebanese
Emigration Research Center de la NDU, a organisé, dans
le hall de luniversité, une exposition de photographies
et de documents darchives.
Et il propose, à côté des références
annotées, un article truffé de détails
croustillants à découvrir en le lisant
sur le retour des Libano-Brésiliens vers le pays du Cèdre.
Louvrage est étayé par une étude
aussi documentée quintéressante sur les
Libanais au Brésil, par Oswaldo M.S. Truzzi.
Pour le professeur de sciences sociales à lUniversité
de Sao Paulo, la plupart des émigrés étaient
issus de familles dagriculteurs. Mais sous le soleil des
tropiques ils ont tenu à « prendre leur vie en
main », à fonder leur propre « bizness »,
pour ne pas « travailler chez les autres ».
Cette vocation commerciale sest traduite dans le choix
dun métier presque commun à tous. Colporteurs
à leurs débuts, les émigrés libanais
ont commencé, petit à petit, à avoir pignon
sur rue. Dans les années 20, cest vers le commerce
des tissus quils se sont tournés. Dans les années
30 et 40, les commerçants dorigine libanaise et
syrienne monopolisaient le marché en détail du
tissu et se positionnaient en tête des ventes en gros.
Avant de devenir ensuite des patrons dindustries. Ce succès,
Truzzi lanalyse à la loupe. Pour lui, la colonie
libano-syrienne a réussi à marquer le secteur
financier du Brésil pour trois raisons. Dabord
la distribution démographique et professionnelle à
travers le pays. Le sociologue évoque également
la relation harmonieuse entre les membres de la diaspora et
cite en dernier les flots arrivant régulièrement
de la mère-patrie et qui intégraient rapidement
le « circuit commercial », étant dirigés
de facto vers des places vacantes et « profitables ».
Truzzi explore également laspect identitaire, les
différences sociales et religieuses dans la communauté,
la difficulté dintégration et les différenciations
au sein de la société locale.
Truzzi conclut sa thèse en soulignant que les marchands
ambulants du début du siècle dernier ont engendré
toute une nouvelle génération de médecins
et de politiciens.
Comme disait lautre : « Être Libanais, cest
plus quune nationalité, cest une profession.
» De foi.
Février 2004 Suite
à la visite du Président Lula au Liban, en Décembre
2003, c'est au tour du Président libanais Emile Lahoud
d'effectuer une visite officielle de sept jours au Brésil:
Une
visite placée sous le signe d’une coopération concrète
"Le Liban, un pont pour le Brésil", déclare Lahoud
Le
président Lahoud passant en revue un détachement de la garde
brésilienne. (Téléphoto AFP)
Lahoud
insiste sur la « complémentarité » entre le Liban et le Brésil
Le chef de l’État libanais a prononcé un discours dans lequel
il a insisté sur « la complémentarité » entre les deux pays,
« qui, nous l’espérons, fera du Liban l’accès du Brésil vers
les pays arabes, et du Brésil un partenaire privilégié du Liban
». M. Lahoud a en outre mis l’accent sur l’importance de la
communauté libanaise au Brésil, rappelant que le nombre d’émigrés
d’origine libanaise dépasse les huit millions. « Cette communauté,
qui participe à la construction du Brésil, au développement
de son économie ainsi qu’à la vie politique, compte parmi elle
plusieurs chefs d’entreprise dans les secteurs industriel, commercial
et autres, trois gouverneurs, trois sénateurs ainsi que 32 membres
du Parlement fédéral, et quatre chefs de parti politique »,
a ajouté le président libanais, avant de poursuivre: « La réouverture
de la ligne aérienne entre nos deux pays à travers la MEA (...)
donnerait à nos deux pays un élan nouveau sur la scène internationale.
» L’importance du marché brésilien
Par ailleurs, dans une interview exclusive accordée à
l'envoyée spéciale de l'Orient-Le Jour, Hoda Chédid,
, le ministre de l’Économie, Marwan Hamadé, membre de la délégation
officielle, a souligné l’importance du marché brésilien. Il
a déclaré que « le Brésil représente un marché de 175 millions
d’habitants. La moitié d’une ville peut à elle seule absorber
toute notre production agricole. » Quant au transport de ces
marchandises, M. Hamadé compte beaucoup sur les vols que la
MEA compte assurer en direction du Brésil. « Si nous arrivons
à assurer au moins trois vols par semaine, nous ferons d’une
pierre deux coups : non seulement nous desservirons le Brésil,
mais nous parviendrons aussi à satisfaire les besoins des émigrés
libanais vivant en Afrique », et ce par l’intermédiaire des
escales qui auront lieu dans le continent.
Exporter
des produits libanais au Brésil, questions à Paulo Atallah*
Beyrouth,
Mai 2004
Est-il vraiment faisable d’exporter des produits libanais
au Brésil, et rester compétitif malgré le coût additionnel
dû à l’éloignement ?
Oui,
au moins une partie de la production libanaise peut
sûrement être compétitive, car nous importons déjà des
marchandises venant des quatre coins du monde. À titre
d’exemples, l’huile d’olive et le vin libanais pourraient
intéresser les consommateurs brésiliens. Au niveau mondial,
25 % de notre commerce se fait avec les États-Unis,
25 % avec l’Europe, entre 15 et 20 % avec l’Amérique
du Sud et le reste se fait avec les autres pays du monde.
Le commerce du Brésil avec le Moyen-Orient est estimé
à 4 %, ce qui représente quand même 6 milliards $, sur
un total de nos échanges extérieurs de 110 milliards
$. Et notre économie est en expansion, ce qui permettra
l’accroissement des échanges commerciaux avec le Moyen-Orient.
Seulement, les produits “Made in Lebanon” ne sont pas
généralement en vue au Brésil. Les commerçants libanais
ne déploient pas suffisamment d’efforts pour promouvoir
leurs marchandises, il s’agit d’aller au Brésil avec
les produits dans le but de les vendre, et non pas se
contenter des visites officielles. Est-il concevable, à votre avis, que des commerçants
libanais soient agents de produits brésiliens pour tout
le Moyen-Orient ou encore créer des joint-ventures
libano-brésiliens ?
Je ne pense pas que les grandes sociétés brésiliennes
aient besoin d’aide à ce niveau. Elles ont déjà de bons
rapports commerciaux avec les pays arabes. Mais les
Libanais peuvent toujours contribuer à une hausse des
ventes dans certains domaines. Ils peuvent également
jouer un rôle dans la restitution des liens commerciaux
de la Syrie et de l’Irak avec le Brésil. Du côté de
joint-ventures industriels, il faut qu’il y ait des
avantages compétitifs. Les compagnies brésiliennes n’ont
pas intérêt en général à produire ailleurs. En dehors
de leur environnement naturel, elles risquent d’être
marginalisées par les firmes multinationales. Le Brésil
est en train de produire et d’exporter des bus et des
automobiles, mais aussi des avions qui se vendent partout
dans le monde. Ceci dit, les opportunités de partenariats
industriels restent possibles dans certains créneaux.
Est-ce que les visites des délégations libanaises
officielles au Brésil ont été utiles ? Certainement,
cependant il faut comprendre que ces visites ne sont
que des points de départ. Les délégations créent des
liens d’ordre général. Mais ce sont les producteurs
libanais qui doivent s’activer. Les Brésiliens doivent
aussi visiter le Liban pour établir des liens commerciaux.
À ce propos, l’établissement d’un vol direct Beyrouth-São
Paulo est très important. Il ne faut pas voir les comptes
d’exploitation d’un tel vol à court terme, mais plutôt
imposer dès maintenant Beyrouth comme un “hub” aérien.
Dans 2-3 ans, Dubaï aura sa ligne directe vers São Paulo,
dès qu’elle aura reçu le long-courrier déjà commandé.
(*) Président de la Chambre de commerce arabo-brésilienne,
lors de sa récente visite à Beyrouth. (Sites : www.ccab.org.br
ou www.anba.gov.br).
Décembre
2003
Beyrouth, le 4 Décembre, correspondance
AFP -
Le
président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva est arrivé au
Liban, deuxième étape d'une tournée arabe entamée en Syrie,
et la première du genre d'un chef d'Etat brésilien depuis plus
d'un siècle. Le Liban et le Brésil ont ainsi signé quatre accords
de coopération, traduisant une volonté commune de consolider
leurs relations bilatérales, exprimée par le président brésilien
Lula da Silva, à Beyrouth depuis hier. L’objectif de sa tournée,
la première d’un chef d’État brésilien au Proche-Orient depuis
celle de l’empereur Pedro II en 1870, est d’obtenir un rapprochement
politique et économique avec les pays arabes.
Lula,
accompagné de son épouse Marisa Leticia, de son ministre des
Affaires étrangères Celso Amorim, et d'autres officiels brésiliens,
a été reçu à son arrivée par son homologue libanais Emile Lahoud,
le président du parlement Nabih Berri et le Premier ministre
Rafic Hariri. Au cours de sa visite d'Etat qui durera trois
jours, Lula aura des entretiens avec les responsables libanais
sur le renforcement de la coopération politique et économique
entre le monde arabe et le Brésil. L'objectif de cette tournée,
qui doit le mener également aux Emirats arabes unis, en Egypte
et en Libye, vise à un rapprochement entre les économies du
tiers-monde pour former un "bloc" et à renforcer la position
des pays en voie de développement dans les négociations nord-sud,
a-t-il expliqué. Son élection, il y a un an, a été considérée
comme une victoire des classes les plus défavorisées brésiliennes.
Lula est également opposé à l'hégémonie des Etats-Unis sur le
continent américain, et un ardent défenseur du Mercosur, le
marché commun latino-américain. Il s'agit de la première tournée
d'un chef d'Etat brésilien au Proche-Orient depuis celle effectuée
en 1870 de l'Empereur Pedro II.
"Le Brésil veut mettre à profit cette tournée pour renforcer
ses relations politiques et économiques avec le monde arabe
et particulièrement avec le Liban", a déclaré à l'AFP un diplomate
membre de la délégation brésilienne. Lula voudrait obtenir l'accord
des pays arabes pour la tenue d'un sommet arabo-latino-américain
en mai 2004 et leur soutien pour que le Brésil obtienne un siège
permanent au Conseil de sécurité de l'Onu. "Nous estimons que
le Liban, de part son importante et influente communauté brésilienne
et son ouverture sur le monde, est un partenaire de choix",
a ajouté le diplomate. Une des terres d'élection de l'émigration
libanaise au début du XXème siècle, le Brésil compte aujourd'hui
parmi ses nationaux plus de sept millions de Libanais d'origine
--soit deux fois la population du Liban --dont certains occupent
des postes importants, et sont très actifs dans le secteur économique.
Aujourd'hui près de 20% des élus brésiliens sont d'origine libanaise.
Selon le diplomate brésilien, quatre accords de coopération
dans les domaines technique, éducationnel, culturel et touristique
seront signés durant l'étape libanaise. Les liens entre les
Libanais du Brésil et leurs pays d'origine se sont distendus
au cours des années, surtout pendant la guerre civile au Liban
(1975-90). Un grand nombre de brésiliens d'origine libanaise
n'arrivent plus, en raison de tracasseries administratives,
à récupérer leur nationalité libanaise.
En 2002, le volume des échanges commerciaux entre le Liban et
le Brésil a atteint 51,36 millions de dollars, la balance penchant
nettement en faveur du Brésil, dont les exportations vers le
Liban ont totalisé 46 M USD, selon la chambre de commerce arabo-brésilienne.
Le président brésilien compte également à la faveur de cette
tournée faire entendre la voix du Brésil dans les conflits du
Proche-Orient, la crise irakienne et le conflit israélo-palestinien.
A Damas où il a été reçu par son homologue Bachar al-Assad,
Lula a souligné "l'urgence" d'une solution qui déboucherait
sur "la création d'un Etat palestinien indépendant".
Il a ajouté être en faveur du "renforcement du rôle de l'Onu
et des pays arabes dans la reconstruction de l'Irak".
«
Lula da Silva : l’ouvrier devenu président du Brésil », de Roberto
Khatlab
Il
a été vendeur de quatre saisons, puis cireur de chaussures,
puis ouvrier dans une usine. Aujourd’hui, il est le président
de la 8e puissance économique mondiale. Luiz Inacio Lula da
Silva a ouvert une nouvelle page d’histoire en devenant le premier
ouvrier syndicaliste de gauche à la tête du plus grand pays
d’Amérique du Sud. Son cheval de bataille : la lutte contre
la pauvreté et la corruption. Une biographie en arabe de ce charismatique et populaire
leader vient de paraître, sous la plume de Roberto Khatlab (traduction
Jacques Menassa).
Cet ouvrage, préfacé par le président brésilien lui-même, et
comprenant également un mot du président du Conseil libanais
Rafic Hariri, trace la trajectoire de Lula, de sa naissance
à son arrivée au palais présidentiel. Khatlab, Brésilien naturalisé
libanais en 1994, historien et écrivain, a rencontré Lula la
première fois en 1980. Mais ce n’est qu’en 1998 qu’il aura un
contact plus personnel avec lui. Khatlab assure que cet homme
de principe, qui ne ménage aucun effort pour lutter contre l’injustice
sociale, reste malgré son ascension rapide un homme humble et
proche du peuple. Lula da Silva est né dans une famille de «
retirantes » du Nordeste brésilien. Ouvrier dans la métallurgie,
puis dans l’automobile, il perd un doigt sous une presse. Au
cours des années 70, il conduit les grèves ouvrières du Grand
São Paolo. Il est un des fondateurs, dans les années 80, du
Parti des travailleurs. Il est élu député à l’Assemblée constituante
en 1988. Trois fois candidat à l’élection présidentielle, il
est élu chef de l’État en 2002. Khatlab retrace le parcours
de Lula en mettant en relief ses luttes, ses persévérances et
ses relations avec le monde arabe à travers les émigrants, particulièrement
les Libanais du Brésil. L’auteur dresse par la même occasion
un portrait de la société brésilienne et de ses ramifications
dans le monde. « Depuis la visite, il y a 127 ans, de l’empereur
Don Pedro II, aucun dirigeant brésilien n’a foulé ces terres
(ndrl : du Liban), souligne Lula dans la préface de l’ouvrage.
En ces temps-là, le Brésil était un royaume de 10 millions d’habitants
et dont la principale ressource était l’agriculture. Le Brésil
est à présent une république démocratique à l’économie variée,
avec une population de 175 millions d’habitants, dont 10 % sont
issus de l’émigration, libanaise et syrienne entre autres. »
Le président brésilien indique également qu’une des priorités
de sa politique étrangère est de renforcer les relations avec
les pays arabes, non seulement pour des raisons culturelles
et historiques, mais aussi pour raffermir les liens économiques
et politiques. Sa visite au Liban se présente ainsi comme une
continuation logique de cette politique.
Maya GHANDOUR HERT de l'Orient-Le
Jour
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LibanVision
compte depuis plusieurs mois un nombre croissant de visiteurs
en provenance du Brésil. Chacun sait qu'il s'agit du
pays ou le nombre de personnes ayant du sang libanais dans les
veines est de loin le plus important hors du Liban.
Cela apporte la démonstration que les liens entre cette
communauté issue de l'émigration avec son pays
d'origine sont en phase de renaissance alors que l'on pouvait
croire, suite à la guerre, que l'éloignement allait
définitivement couper ces libanais de leurs racines.
Ce phénomène de regain d'intérêt
notoire depuis la fin des années 90 met aussi en exergue
que la francophonie demeure un support vivace de communication
entre une communauté lusophone qui préfère
encore le Français à l'Anglais pour se relier
au pays d'origine, sans doute au nom du cousinage entre la langue
française et le portuguais ou même l'espagnol,
langue de la plupart des pays de l'Amérique du Sud ou
résident également bon nombre de libanais d'origine.
C'est donc en toute logique et surtout en toute amitié,
pour faciliter le dialogue entre les peuples et les nations
que nous avons le plaisir de mieux vous faire connaitre la réalité
et les enjeux des relations humaines et commerciales entre le
Liban, terre fertile du Moyen-Orient et le Brésil, géant
de l'Amérique du sud.
Jean-Michel Druart - LibanVision
Coopération Libano-Brésilienne: la visite de R.Hariri
en Juin 2003
De
São Paulo, Lula da Silva et Hariri veulent construire des ponts
entre le Brésil et le monde arabe à partir du Liban
De São Paulo – la première escale de sa visite officielle au
Brésil – le Premier ministre reste sur tous les fronts : que
ce soit en ce qui concerne les relations bilatérales pures entre
Beyrouth et Brasilia, au sujet de la vie politique locale, particulièrement
explosive depuis un certain temps, mais que Rafic Hariri, en
écho aux propos tenus hier par Émile Lahoud, a semblé, quelques
heures plus tard, vouloir calmer. Inscrite essentiellement dans
le cadre d’une relance des échanges commerciaux entre le Liban
et le Brésil, la visite du n° 3 de l’État dans le plus grand
pays d’Amérique du Sud – et terre d’accueil de la plus importante
communauté libanaise à l’étranger : 8 à 9 millions de personnes
– s’est poursuivie hier par l’ouverture, à São Paulo, des travaux
du Congrès de l’émigration libanaise pour l’investissement –
« Planet Lebanon 2003 ».
Et c’est devant le n° 1 brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva,
devant le président de la Chambre de commerce libano-brésilienne,
le gouverneur de l’État de São Paulo, la mairesse de la ville
(ces deux derniers s’étant répandus en louanges sur les Libanais
et les Brésiliens d’origine libanaise), et en présence des ministres
Siniora, Hamadé (qui a insisté sur le fait que le chantier de
réformes enclenché au Liban donne un coup de fouet à la compétitivité
libanaise), Skaff et Abdallah, ainsi que de l’ambassadeur libanais
à Brasilia, que Rafic Hariri a improvisé son discours. Un discours
au cours duquel le Premier ministre a rappelé que même si le
Liban est en train de passer par une période particulièrement
difficile, il connaît parfaitement le sens des mots paix et
stabilité, de même qu’il « s’attache avec force » aux concepts
de liberté et de démocratie, qu’il a placés « au-dessus de toute
considération ». Rafic Hariri a également parlé de la coexistence
libanaise – qu’il a qualifiée de « destin inévitable » – entre
chrétiens et musulmans, « tous égaux devant la loi et la Constitution,
et tous jugés et jaugés à l’aune des services qu’ils rendent
à leur patrie ».
Il a ensuite estimé, en véritable porte-parole arabe, que le
Liban est tout à fait capable d’être le pont – « solide » –
entre la production brésilienne et la consommation dans le monde
arabe. Conséquemment, le Brésil est tout aussi capable, selon
lui, d’être « un marché essentiel », pas seulement pour ce que
le Liban a à vendre, mais également pour bon nombre de produits
arabes, notamment le pétrole. Il a ainsi souhaité que soit rapidement
mis en place un mécanisme solide, minutieux et clairement défini
afin de gérer au mieux la coopération entre les deux pays et
pour arriver à construire de nombreux ponts entre le Brésil
et le monde arabe « à partir du Liban ». Quant au nouveau président
brésilien, il a annoncé qu’il allait se rendre au Liban – et
dans d’autres pays de la région –, en octobre ou en décembre
de l’année en cours. Et que cette tournée régionale est l’expression
de l’intérêt que le Brésil accorde à tout ce qui touche au monde
arabe, et qu’elle a pour but de consolider les liens entre le
peuple brésilien et ceux de la région. Il a ainsi souhaité,
en écho aux propos tenus par Rafic Hariri, que le Liban devienne
une plate-forme commerciale entre le Brésil et le Proche-Orient,
assurant que son pays est favorable à l’arrivée sur son territoire
et dans son marché de sociétés, de produits et d’investissements
arabes. Il en a profité pour saluer avec ferveur les Brésiliens
d’origine libanaise et leur « participation active à l’évolution
» du Brésil. Ainsi que pour réaffirmer l’appui de son pays à
l’instauration d’un État palestinien « indépendant, démocratique
» et viable économiquement. Enfin, en ce qui concerne la vie
politique sur la scène libanaise, Rafic Hariri a assuré, indépendamment
du fait de savoir si les propos rapportés par les visiteurs
du chef de l’État ont réellement été dits par ce dernier, qu’il
partage entièrement les points de vue exprimés par Émile Lahoud
– à savoir, notamment, la prédominance de la Constitution et
la nécessité de débattre, en Conseil des ministres, de tous
les sujets litigieux. Il a indiqué qu’il en avait avisé, hier,
le secrétaire général de la présidence du Conseil pour qu’il
prépare les ordres du jour des deux prochaines séances qui auront
lieu la semaine prochaine, et que ces ordres du jour seront
soumis, ensuite, au chef de l’État. Assurant qu’il accepterait
« toutes les décisions qui émaneraient » du Conseil des ministres
– quel que soit le résultat d’éventuels votes.
10 Juin 2003
"L'Express International" du 24/10/2002
envoyé
spécial Michel Faure
Libanais au
Brésil: Une assimilation sans drame Munir
Haddad vend des maillots de bain au Sahara. Au Sahara de Rio de Janeiro,
ce quartier du vieux centre-ville, a Saara, qui évoque, avec ses 1 200
boutiques et la foule des chalands (200 000 personnes par jour), les
quartiers commerçants des villes de l'Orient méditerranéen. Ici, Libanais,
pour la plupart maronites ou orthodoxes, Arabes musulmans, juifs et
plus récemment Coréens, tous commercent et voisinent en bonne intelligence.
«C'est comme ça, le Brésil, tout le monde se mélange», dit en souriant
Munir, qui a immigré ici voilà quarante ans, quand il était jeune homme.
Il ajoute qu'il lui a été assez facile de s'adapter à son nouveau pays,
même s'il avoue éprouver à l'égard de sa terre natale un sentiment très
brésilien, la saudade, une douce nostalgie de ce que l'on a aimé. Pour
Marcos Moussalem, conseiller culturel du consulat du Liban à Rio, rien
de plus normal que cette assimilation sans drame: «La culture brésilienne,
dit-il, est anthropophage, elle avale toutes les autres.» Selon le consulat,
la communauté brésilienne d'origine libanaise compterait entre 5 et
7 millions de personnes, concentrées à São Paulo, à Rio et à Belo Horizonte.
Elles sont, pour la plupart, les enfants d'une immigration déjà ancienne,
venue au début des années 1910 pour échapper à la domination turque
du Levant. Une deuxième vague est arrivée dans les années 1940 et une
troisième, enfin, pendant la guerre du Liban à la fin des années 1970.
Des hommes influents La plupart des Libanais du Brésil sont commerçants,
mais beaucoup ont brillé dans d'autres domaines, comme la politique,
la médecine ou les arts. Ainsi, le plus grand philologue brésilien fut
un Libanais, Antonio Houaiss, président de l'Académie brésilienne des
lettres, ministre de la Culture et auteur d'un dictionnaire de langue
portugaise qui fait autorité. Un autre académicien est le grammairien
Evanildo Bechara, et deux Libanais sont de grands linguistes du monde
lusophone: Adriano da Gama Khoury et Saïd Ali. Des écrivains, comme
Radwan Nassar ou Arnaldo Jabor, et même un musicien de bossa-nova, João
Bosco, sont également influents. L'un des plus importants politiciens
de São Paulo est Paulo Maluf. Tasso Gereissati a été le gouverneur de
l'Etat de Ceara; Victor Buaiz, celui d'Espirito Santo; et Antonio Britto,
celui du Rio Grande do Sul. La médecine brésilienne compte également
quelques grands noms libanais, comme le cardiologue Habib Jatene ou
le Dr Jamil Haddad, qui est également un homme politique. Enfin, dans
le monde de l'industrie, le Libano-Brésilien le plus célèbre sans doute
est le patron de Nissan, Carlos Ghosn.
Notre
Page sur
Carlos Ghosn
Film
documentaire de 52' sur l'émigration libanaise au Brésil
La
Mémoire de Rosalyne ou Maudit
soit l'exil - Sur les traces d'une famille perdue
un film de Degaulle EID et Stephane PACHOT réalisé par Degaulle
EID
Film
hors catégorie au festival du cinéma de Namur
en Septembre 2002 et diffusion sur TV5 en Juillet-Août
2003
En
1901, Elias Greige a fait partie des nombreux émigrants libanais
partis tenter leur chance au Brésil. Là-bas, il se marie et
quelque temps après, naît sa fille Rosalyne. Pour des raisons
familiales, celle-ci part habiter au Liban à l'âge de cinq ans.
Les circonstances de la vie font alors qu'elle ne retournera
plus au Brésil et ne connaîtra jamais ses frères et s¦urs restés
là-bas. Seules quelques photos, aujourd'hui perdues, ravivent
la tristesse dans sa mémoire. Quatre-vingt-quinze ans plus tard,
son petit-fils, De Gaulle Eid, qui vit en France, est parti
sur les traces de cette famille perdue.
Le
sujet
: Rosalyne est née en 1905 au Brésil de parents libanais émigrés
pour fuir la pression de l'empire Ottoman au début du siècle
dernier. En 1910, elle accompagne ses parents au Liban pour
rendre visite à sa grand-mère, gravement malade. En 1917, Elias
Greige, son père, doit rentrer au Brésil pour ses affaires.
Rosalyne, agée de 14 ans, décide de rester au Liban pour veiller
sur sa grand-mère. Elle y rencontre son mari et décide de ne
pas retourner au Brésil malgrés toute l'insistance de son père.
Elle ne reverra ses parents qu'une seule fois et ne connaîtra
jamais ses frères et soeurs. Des années plus tard, son petit
fils Degaulle EID, touché par le récit de cet éclatement familial,
décide d'en témoigner et de partir à la recherche de cette famille
d'un autre continent. Quoi de mieux que l'image pour rassembler
ceux qui outre l'espace et le temps, sont séparés par la culture
et la langue?
Saviez-vous que?
* Le premier libanais arrivé au Brésil aurait
été Youssef Moussi (Chidiac) en 1880 et originaire du village du Nord-Liban
de Meziara. Les émigrés au Brésil : A l’aube du 19ème siècle
les meziariens ont pris la route du continent sud- américain. Le Brésil
a été le principal pays d’adoption où plusieurs émigrés ont changé leurs
noms de familles pour celui de "Meziara" : cf.
moteur de recherche http://www.google.com (search : meziara) En
1960, deux meziariens ont été élus à la Chambre Fédérale des Députés
: Padro Maroun et Gibrael Khoury. Monseigneur Yaacoub Saliba supervisait
spirituellement les meziariens jusqu’à 1930. Il a fondé une association
caritative maronite à Sao Paolo. Michael Jabbour Khoury, quant à lui,
a fondé le journal "Al Arzé" à Sao Paolo.
LA
VISITE DU MINISTRE BRESILIEN DES RELATIONS EXTERIEURES COURONNEE PAR
LA SIGNATURE D'ACCORDS AERIEN ET CULTUREL(Article de la
presse libanaise, février 1997)
Le développement des relations
libano-brésiliennes est en bonne voie. Au cours d'une visite officielle
de quatre jours dans notre pays, le ministre brésilien des Relations
extérieures, M. Luiz Felipe Lampreia a rencontré les principaux responsables
libanais: Le président de la République M. Elias Hraoui, le Premier
ministre M. Rafic Hariri, le président de l'Assemblée M. Nabih Berri
et le ministre des Affaires étrangères Me Farès Bouez. Cette visite
des plus fructueuses a été couronnée par la signature d'accords bilatéraux
aérien et culturel. Et un accord-cadre de coopération est en voie d'élaboration
pour une série d'ententes possibles entre les deux pays dans des domaines
variés. Il faut reconnaître qu'entre le Liban et le Brésil, les relations
ont toujours été très spéciales et chaleureuses du fait même que cette
République fédérative sud-américaine abrite le plus grand foyer de l'Emigration
libanaise. Et le nombre de Brésiliens d'origine libanaise est évalué
à près de 10 millions sur une population de plus de 160 millions d'habitants
qui peuplent ce vaste pays-continent. D'ailleurs, dans les diverses
allocutions prononcées lors des rencontres et repas officiels, l'accent
a toujours été mis sur la formidable présence libanaise au Brésil ayant
fait naître une amitié libano-brésilienne perçue comme "une référence
dans le tableau de nos relations avec le reste du monde". "NOUS SOMMES
FIERS DE LA COMMUNAUTE LIBANAISE"
Retraçant l'historique de
cette amitié, le ministre Lampreia a notamment déclaré: "Vous savez
que notre Empereur Pedro II est venu au Liban en 1871 et 1876, en voyage
privé. Lors d'une de ces visites, il a parlé du Liban comme d'un "monde
nouveau". Le Liban, disait-il, "se dresse devant moi avec ses cimes
enneigées, son aspect sévère, comme il convient à cette sentinelle de
la Terre Sainte". Mais aujourd'hui pour nous, le Liban est aussi la
mère-patrie, la mémoire et la source d'identité, plus ou moins lointaine
d'une énorme communauté d'origine libanaise, parfaitement intégrée dans
la vie et la culture de notre pays, vivant dans une harmonie exemplaire
au sein de la société brésilienne dont elle fait indissolublement partie.
Nous sommes fiers de cette communauté, la plus grande qu'il y ait au
monde, plus nombreuse même, dit-on, que la population tout entière du
Liban. Elle se répand dans tous les coins du territoire brésilien, dans
des villages lointains où parfois le progrès n'est arrivé que par la
main des immigrants libanais, hommes d'affaires et ouvriers inlassables,
poussés à une destinée nouvelle par cette force secrète que donnent
l'espoir et la confiance. Le ministre brésilien a également rendu un
hommage accentué sur la contribution que la communauté libanaise a apportée
à la construction et au développement matériel et spirituel du Brésil.
"Nous sommes fiers également de ce que la communauté libanaise ait une
participation toujours croissante à la vie politique, culturelle et
économique du Brésil, et surtout de ce que cette participation augmente
dans la mesure où la démocratie se plante dans notre sol par des racines
aussi profondes que celles du cèdre qui représente si bien l'identité
du Liban. Vous savez certainement qu'environ dix pour cent des membres
du Congrès brésilien, quatre gouverneurs d'Etats de la Fédération ainsi
que de nombreux maires et membres des corps législatifs, provinciaux
et municipaux représentent la communauté libanaise dans la vie politique
brésilienne. Cette donnée témoigne de l'influence et de la vigueur exceptionnelles
de ces enfants et petits-enfants du Liban au Brésil. C'est cela qui
nous permet de parler d'une relation spéciale entre le Brésil et le
Liban...". Le ministre a évalué à 10 millions le nombre de Brésiliens
d'origine libanaise et a indiqué qu'il y a au Brésil 50 députés et 4
gouverneurs (sur 27), descendants de Libanais. PREMIERS
ACCORDS
Quant aux accords signés à
l'issue d'entretiens au palais Bustros, il s'agit d'un accord en matière
d'éducation et de coopération culturelle et d'un accord sur le transport
aérien. A ces négociations, la délégation brésilienne présidée par le
ministre Lampreia, comprenait l'ambassadeur du Brésil au Liban, M. Brian
Michael Frazer Neele, le chef du département du Proche-Orient à Itamarati,
M. Anuar Nahes et quatre autres diplomates. Côté libanais, la délégation
présidée par le ministre Bouez était formée du secrétaire général du
palais Bustros, M. Zafer El-Hassan, de l'ambassadeur du Liban à Brasilia,
M. Ghazi Chidiac et de responsables de divers départements au palais
Bustros. Au cours de sa rencontre avec le chef de l'Etat, M. Lampreia
a adressé une invitation au Président Hraoui à se rendre au Brésil,
car depuis 1954, date de la visite du Président Chamoun, aucun chef
d'Etat libanais ne s'est rendu dans ce grand pays ami. A son tour, le
Président Hraoui a adressé une invitation au Chef de l'Etat brésilien
à venir au Liban. Si ces deux visites d'Etat se concrétisent, les relations
ne pourront qu'être renforcées et la coopération bilatérale plus fructueuse.
Au Brésil: Ambassade du Liban Brasilia - Brasil
H.E. Ishaya el Khoury, Ambassador
Site web(en portugais):
libano.org.br
email / courriel: emblibano@uol.com.br
S.E.S. Avenida das Quandra 805-Lote, 17 Brazil
Tel:+55 (61) 4439837-4435552 Fax: +55 (61) 4438574
São Paulo est une
ville aux multiples visages, elle abrite plus de groupe ethniques que
n'importe quelle autre agglomération de la région. Son vaste parc industriel,
est l'un des plus grand du monde. La vieille ville de São Paulo Le centre
originel de São Paulo consiste aujourd'hui en une esplanade aérée et
une poignée de constructions aux murs blanchis, le Pátio do Colégio.
C'est à cet endroit que le jésuites José de Anchieta et Manuel da Nóbrega
fondèrent la mission de São Paulo de Piratininga en 1554. On y trouve
la Casa de Anchieta est un musée consacré à l'histoire de la fondation
de la ville, et expose des objets de la vie quotidienne des premiers
colons. Jusqu'au au milieu de 19 éme siècle, ce quartier, qui ne comprenait
qu'une douzaine de rues, formait à lui seul la "ville" de São Paulo.
Les quartiers étrangers:
Le quartier de Liberdade a gardé intactes ses origines Japonaises, à
tel point que les panneaux des rues portent des indications en japonais.
Bela Vista, communément appelé Bixiga, est aujourd'hui le quartier Italien.
Bom Retiro a conservé de nombreux vestiges de son passé arabe et
libanais.
On y voit des marchands juifs, musulmans et chrétiens siroter leur café
et deviser paisiblement comme si les tensions n'avaient jamais existé
au Moyen-Orient.
Les parc et les musées attirent chaque jour un grand nombre de visiteurs.
São Paulo possède également l'un des plus grands zoo du monde, situé
dans le Parque Estadual das Fontas do Ipiranga. Avec ses 3.500 spécimens
qui évoluent dans un environnement naturel et ses oiseaux tropicaux,
le Jardim zoológico attire chaque année près de 2.500.000 visiteurs.
Les environs de São Paulo Campos do Jordão, une ville située à 1700m d'altitude, est la
station à la mode de São Paulo. En dépit de son éloignement relatif
de la métropole (160 km), ses petits chalets, son climat vigoureux attirent
de nombreux visiteurs. Plus près de São Paulo, à 60 km se trouve le
village de Paranapiacaba, situé à 800 m d'altitude, où le temps
parait s'être arrêté. Un vieux train essoufflé grimpe jusqu'au sommet
de la montagne, d'où l'on découvre une vue spectaculaire sur les plaines
de Santos. La petite ville d'Atibaia,à 820m, est la capitale des pêches
et des fraises. Des douzaines de télescopes et quelques observatoires
miniatures ont élus domicile à Atibaia, en raison de la pureté de l'air
propice à l'étude des cieux. Ubatuba est une station balnéaire très à la mode , réputée pour
la pureté de ses flots, sur 85 km de côte, plus de 70 plages dont beaucoup
demeurent désertes en raison de leurs accès encore difficile. Des excursions
en bateau permettent de visiter les ruines da la prison Anchieta et
les vestiges de la plantation de sucre Lagoinha. Caraguatatuba à 190 km de São Paulo, compte autant de plages
que sa voisine mais elle est moins richement pourvue en attractions
historiques. São Sebastião, une agréable petite ville historique, d'où partent
les ferries pour Ilha Bela. Sa forêt tropicale, ses rochers, ses cascades
et ses plages désertes en font l'une des îles les plus sauvages et le
plus pittoresques de la côte.
Une historienne mexicaine retrace la vie
des premiers émigrés libanais Martha Diaz de Kuri :
Écrire pour préserver le passé et continuer l’histoire
Comprendre la culture
d’un peuple à travers sa cuisine. Essayer de trouver les points
communs entre deux civilisations en comparant leurs habitudes
culinaires. L’approche est originale. Martha Diaz de Kuri est
mexicaine. Elle
est déjà l'auteur de deux livres sur l’histoire
des émigrés libanais au Mexique.
Orthodontiste
au départ, elle a décidé de donner une autre dimension à sa
carrière. Devenue historienne, sans pour autant quitter complètement
sa clinique de Mexico, elle a rédigé une dizaine de livres.
Deux d’entre eux traitent de l’émigration libanaise au Mexique.
Martha Diaz de Kuri, en visite au Liban la semaine dernière
à l’invitation de l’ambassadeur du Mexique, Arturo Puente Ortega,
est bien placée pour présenter ces deux cultures. Jeune dentiste
à Mexico, elle épouse José Kuri, Mexicain d’origine libanaise.
Mme Martha Diaz de Kuri, la cinquantaine, relève d’emblée que
l’intérêt qu’elle porte au Liban n’a pas été déclenché par son
mariage mais bien plus tôt. Depuis sa plus tendre enfance, elle
avait des camarades de classe, des voisins et des amis libanais.
Du Liban au Mexique, chronique des émigrés, son premier livre
sur le Liban, rédigé conjointement avec une Mexicaine d’origine
libanaise, Lourdes Makhlouf, traite – comme son nom l’indique
– de l’histoire de cette émigration. Mais Martha Diaz de Kuri
ne s’est pas contentée d’un traité sec qui retrace l’histoire
des 500000 émigrés libanais présents au Mexique depuis 1878,
avec l’arrivée sur les côtes mexicaines du premier Libanais,
Boutros Raffoul. À cette époque et jusqu’en 1920, les Libanais
fuyaient l’Empire ottoman et la pauvreté. De plus, raconte-t-elle,
rares étaient ceux qui avaient choisi le Mexique comme destination
initiale. Ils voulaient tout simplement partir en Amérique,
ce nouveau monde, la terre des rêves et des opportunités. Mais
souvent ils étaient confrontés à la fermeture des ports de New
York et les cargos qui les transportaient redescendaient la
côte de l’Atlantique…
Beaucoup d’entre eux restaient au Mexique en espérant pouvoir
s’établir plus tard aux États-Unis. Mais rares étaient ceux
qui décidaient effectivement de repartir. Avant de rédiger son
premier ouvrage, l’historienne a sillonné trois ans durant le
Mexique pour recueillir les histoires des premiers émigrés.
C’est sa famille, ses deux fils surtout, qui l’a incitée à faire
ce travail. « Je voulais que toute cette histoire orale de l’émigration
libanaise soit écrite pour qu’elle ne se perde pas », explique
Martha Diaz de Kuri. Et de poursuivre : « Je voulais que les
histoires racontées par mes beaux-parents soient préservées,
intactes, afin que mes arrière-petits-enfants qui porteront
le sang libanais connaissent, à l’instar de mon mari et de mes
fils, le quotidien, les souffrances et les joies des premiers
émigrés. » Des émigrés de la troisième génération
attachés au Liban
Son premier livre sur l’émigration libanaise est un succès au
Mexique au point que le richissime mexicain d’origine libanaise
Michel Doumit Gemayel lui demande d’écrire l’histoire de sa
propre famille. C’est ainsi que Martha effectue un premier séjour
au Liban, il y a tout juste trois ans. La semaine dernière,
elle était à Beyrouth à l’invitation de M. Puente Ortega, qui
veut présenter aux Libanais d’aujourd’hui l’histoire de leurs
compatriotes qui avaient choisi il y a longtemps le Mexique
comme terre d’accueil. « C’est comme pour dire que la vie a
continué différemment pour ces émigrés ; leur histoire ne s’est
pas arrêtée avec leur départ du Liban », explique Martha Diaz
de Kuri en poursuivant que ces « Libanais, fils d’émigrés, plus
d’un siècle plus tard, ont préservé intact l’amour qu’ils portent
à leur pays, même s’ils ne l’ont jamais vu ». « C’est l’histoire
transmise oralement et les traditions préservées qui permettent
jusqu’à présent, même aux émigrés de la troisième génération,
de tenir à leur pays d’origine », dit-elle. Ces Libanais n’iront
pas enregistrer leurs nouveau-nés à l’ambassade libanaise de
Mexico, n’apprendront pas à parler l’arabe mais préserveront
d’autres traditions, notamment l’art culinaire et les rites
autour d’un repas. Du Liban au Mexique, la vie autour de la
table, le deuxième ouvrage de Diaz de Kuri et Makhlouf, présente
la dimension sociale de la cuisine libanaise et les traits de
caractère communs aux émigrés à travers les plats cuisinés,
notamment l’adaptabilité, la convivialité et l’hospitalité.
En d’autres termes, la dimension sociale de la cuisine libanaise.
Et l’auteur de donner l’exemple de l’adaptabilité, notant que
le taboulé au Mexique est de loin plus épicé que le plat préparé
au Liban. Les premiers Libanais, n’ayant pas trouvé les piments
doux qu’ils avaient chez eux, ont modifié les ingrédients de
certains plats sans pour autant renoncer à la recette. Le livre
présente aussi les recettes des plats traditionnels libanais
et ceux qui marquent certaines occasions, comme le «moghli»
pour les naissances. Sait-elle confectionner de bons petits
plats libanais ? Bien sûr, elle a tout appris de sa belle-mère.
Martha Diaz de Kuri écrira certes d’autres livres « sur l’histoire
des émigrés qui ne s’est pas arrêtée quand ils ont quitté le
Liban mais qui s’est poursuivie au-delà des frontières ». Elle
souhaite également que ses ouvrages écrits en espagnol soient
traduits en français, en anglais ou en arabe, des langues accessibles
aux Libanais qui s’intéressent au sujet. Au cours de son séjour
au Liban, Martha Diaz de Kuri a donné des conférences dans plusieurs
universités. Elle était accompagnée de son époux mexicain d’origine
libanaise, José, dentiste, qui effectuait, lui, son premier
voyage au Liban.
Patricia
KHODER
Août 2003
Un
nouveau site élaboré par Mr Fady Abou Dagher de
Jdeideh El Metn, à la fois très clair et fort
utile même s'il n'est qu'en Anglais pour le moment... Ne manquez pas,
par exemple, les photos de Beyrouth par satellite dans la section
Brochures.
Lebanese-emigrants.org