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Douma, ses maisons,
ses couleurs, sa nature :

" la magie du Liban à ne pas manquer"
Douma, village de charme
un patrimoine préservé au Liban


Douma, petit village du caza de Batroun, est la destination incontournable des amoureux du calme, de la marche et de la nature. Différents circuits de randonnées à travers bois, collines et vallées offrent par la même occasion la possibilité de découvrir une région riche en temples païens, couvents et vieilles églises. Ayant su préserver son vieux souk et ses 240 maisons traditionnelles, désormais classés comme faisant partie du patrimoine national, Douma a échappé, comme par miracle, au modernisme qui a atteint les coins les plus reculés de la montagne libanaise. C'est sans doute une destination rêvée au Liban pour les adeptes de plus en plus nombreux de l'écotourisme.
Visite guidée, l’espace d’une journée, dans ce charmant village qui vit durant trois semaines du mois d’août au rythme de son festival.



Douma, un beau village du Mont-Liban à l’histoire mouvementée
Un livre de Mazen Abboud

Hiver 2008- «Comme qui aurait besoin d’une course à Douma. » Ce proverbe libanais signifie que celui qui ne peut s’acquitter facilement d’une course se trouvera obligé de passer par Douma, un beau village des hauteurs du Batroun. Si cela n’est plus vrai de nos jours, ce proverbe montre bien que ce village, considéré aujourd’hui comme éloigné, a été durant des siècles une place centrale, très fréquentée parce que situé sur la route qui reliait l’intérieur syrien à la côte. C’est à Douma, à son histoire, à ses anecdotes, à son souk, à ses gens, à ses jolis toits en tuile et à sa nature belle et revêche que l’un de ses fils, Mazen Abboud, dédie un livre qui ressemble fort à une lettre d’amour.
Douma, l’histoire d’un village du Levant, est un livre qui se veut de toute évidence la somme de tout ce qui peut être rassemblé comme informations sur ce village typique du Mont-Liban, l’un des seuls à avoir gardé un cachet aussi caractéristique. L’ouvrage est riche en photos, qu’elles soient d’époque ou contemporaines. Il allie les informations purement historiques aux histoires racontées de père en fils, comme aux anecdotes véridiques, à l’instar de ce vieillard qui a refusé de s’approcher de la première voiture du village, criant à qui voulait l’entendre : « C’est la machine du diable qui va vous détruire, anéantir l’univers et paralyser la vie ! » Les écologistes ne seraient pas loin de cet avis actuellement… Ou encore cette bande de jeunes illuminés qui comptaient planifier un soulèvement communiste aux États-Unis à partir d’un grenier, avant d’être découverts pour avoir causé un incendie dans leur lieu de réunion et de devenir la risée du village !
Certes, dans certaines de ses parties, le livre devrait intéresser davantage les personnes originaires du village que le grand public, comme pour le détail des familles ou l’histoire des différents chefs de municipalité. Mais dans l’ensemble, il est clair que l’histoire de ce village résume en quelque sorte l’histoire mouvementée du Mont-Liban, et s’y incruste parfaitement, d’où l’intérêt, pour un public plus large, de s’y attarder.
Ainsi, l’auteur commence par élaborer les éléments dont il dispose sur des époques lointaines, qu’elles soient imaginées (légende de la naissance du village) ou réelles. Il semble notamment que Douma ait été habitée et prospère dès les ères grecque et romaine, et que sa position géographique, centrale pour l’époque, lui ait conféré depuis ce temps-là un rôle important. À l’instar d’autres localités du Mont-Liban, Douma a aussi souffert de persécution et de graves retournements de situation à des époques diverses (croisades, mameloukes, occupation ottomane, Première et Seconde guerres mondiales). Mazen Abboud rapporte l’histoire de « la calamité de Kashlak », quand le massacre, par des hommes du village, d’un groupe de préposés ottomans a causé la quasi-destruction de Douma, au dix-septième siècle.
Une importante partie de l’ouvrage est dédiée aux familles, aux métiers et, surtout, au souk qui fit la réputation de Douma. Ainsi, l’on apprend que cette localité, qui n’a jamais été gâtée en ressources hydrauliques, a toujours privilégié les industries à l’agriculture. Forgerons, savonniers, armuriers, fabriquants de soieries, commerçants divers… ont peuplé le village et conféré à son souk une réputation qui dépassait de loin ses murs. Si l’on y ajoute les cafés et l’organisation assurée par le conseil municipal, l’un des premiers de tout le Mont-Liban, on comprend bien la période dorée vécue par ce souk au dix-neuvième siècle, puis au vingtième siècle, jusqu’au développement des grandes villes côtières qui a plongé toutes les localités « de l’intérieur » dans l’oubli.
Douma, c’est aussi plusieurs communautés chrétiennes qui coexistent, notamment une importante communauté orthodoxe qui a, depuis toujours, entretenu une relation privilégiée avec la Russie, si bien que le village conserve toujours un portrait d’époque du dernier tsar, ainsi que le « salon rouge » qui appartenait au consulat de ce pays à Beyrouth, avant l’ère bolchévique. Douma, c’est enfin un lieu de culture, tel que dépeint par l’auteur, qui rapporte que le village a abrité l’un des premiers théâtres du pays, et aussi un lieu où la société civile est active depuis plus d’un siècle. Un village qui est resté plutôt neutre durant la guerre civile, sans être à l’abri des divisions politiques, surtout depuis quelques années. Quant à la belle architecture traditionnelle qui caractérise Douma, elle est bien visible dans les photos.
L’ouvrage est publié en langue arabe, avec un résumé en anglais. Il est abondamment illustré et se lit aisément. Son auteur, Mazen Abboud, est connu pour son engagement en faveur de l’écologie et du patrimoine. Il a réussi à faire de son ouvrage un concentré d’informations, de traditions et d’anecdotes qui, autrement, avec l’éloignement des origines que l’on observe actuellement au Liban, se perdraient.

Article de Suzanne BAAKLINI pour L'Orient-Le Jour


Des circuits de promenade pour tous les niveaux
Désormais, cette localité pittoresque, jumelée avec la ville française de Digne-les-bains, est un lieu d’estivage, comme tant d’autres localités de la montagne libanaise. À l’entrée du village, l’eau de source d’Aakfol coule de la traditionnelle fontaine, abreuvant les visiteurs. Sur la colline d’une part, au creux de la vallée d’autre part, de vieux chênes millénaires protègent de leurs larges branches les églises de Mar Nohra et de Mar Challita, comme pour rappeler qu’il n’y a pas si longtemps c’est à l’ombre de ces chênes que les enfants du village suivaient leurs classes. En été, entre 1 000 et 2 000 citadins originaires du village passent l’été à Douma, alors que seuls 500 Doumaniens y habitent en permanence. Aux estivants, s’ajoutent les amateurs de nature, de calme et de randonnées, dont un nombre remarquable d’étrangers, qui se donnent rendez-vous au Grand Hôtel de Douma l’espace d’un week-end ou pour quelques jours de vacances, histoire de découvrir les huit circuits naturels de marche de différents niveaux à travers les collines environnantes. Des circuits dont le plus simple nécessite trois heures de marche et le plus ardu entre sept et huit heures de randonnée. De la vallée de Ras Ibnaya, nichée sous les cèdres de Tannourine, à Kfar Hilda au creux de la vallée, Douma et ses environs invitent les randonneurs à aller à la rencontre des sites naturels à travers les bois, mais aussi à découvrir, çà et là, vieux monastères, églises ou temples païens. Un sentier a même été aménagé dernièrement par un groupe de jeunes marcheurs français, à l’est du village. La promenade au cœur de Douma, sur un kilomètre et demi de faux plat, est elle aussi de rigueur. Témoins de cette splendeur passée, les maisons préservées en pierre de taille et aux toits de tuiles rouges qui donnent au village son cachet traditionnel. Un cachet qui fait la richesse du village mais surtout la fierté des Doumaniens qui travaillent d’arrache-pied à la préservation de leur patrimoine. En effet, Douma est un des rares villages libanais à avoir échappé à la modernisation et au béton. D’ailleurs, 240 de ces vieilles demeures sont désormais classées comme faisant partie du patrimoine national. Certaines d’entre elles sont même ouvertes aux visiteurs désireux de s’imprégner quelque peu d’un air d’antan. « À Douma, le béton est interdit et l’aluminium fortement déconseillé. Seule la pierre de taille est autorisée dans la construction, au même titre que le sable et le fer », observe M. Ayoub, précisant que toute nouvelle construction doit obligatoirement respecter certaines normes, conformément au plan d’urbanisme en vigueur.

Une municipalité des plus actives
La municipalité du village, présidée depuis 6 ans par Hanna Ayoub, œuvre de pair avec l’Association de sauvegarde du patrimoine naturel et urbain de Douma pour préserver la richesse architecturale et naturelle de la localité, mais aussi pour créer de nouveaux emplois dans la région. Outre la sauvegarde des maisons traditionnelles et des champs d’oliviers millénaires (grâce à la modification du tracé de la nouvelle voie rapide), ainsi que les mesures de préservation du patrimoine architectural, la municipalité de Douma a construit une usine de recyclage qui traite l’ensemble des déchets du village et des localités avoisinantes et en transforme une partie en sable agricole. De même sont recyclés le verre et le fer, explique Hanna Ayoub. La municipalité a par ailleurs joué un rôle important dans la construction de la maison de retraite de Douma, dont la majeure partie a été financée par un émigré. À 2 kilomètres de Douma, un hôpital gouvernemental a ouvert ses portes, pour la plus grande joie des Doumaniens, car les besoins se faisaient pressants. Le village n’attend plus que la fin des travaux de la nouvelle autoroute, car il devient urgent, pour la survie de la localité, de réduire les distances qui séparent Douma du littoral.

Le Grand Hôtel de Douma
Il avait été construit pour permettre aux émigrés d’y séjourner durant leurs vacances. Mais le sort en a décidé autrement car au fil des années, de nombreux émigrés doumaniens ont perdu le contact avec leur village d’origine. L’hôtel Douma, rebaptisé Grand Hôtel de Douma par son nouveau propriétaire Hanna Ayoub, président de la municipalité du village, se consacre désormais à une clientèle citadine, tant locale qu’étrangère, à la recherche du calme et d’un environnement sain. Huit différents circuits de randonnées pédestres sont organisés par l’hôtel à l’intention de ces amoureux de la marche. Des soirées musicales sont par ailleurs proposées durant les week-ends. Confortable et simple, l’hôtel comprend 44 chambres et propose une excellente nourriture. Quant aux prix, ils ont été revus à la baisse, afin d’encourager les familles à y séjourner. Le tarif d’une chambre pour deux personnes est de 40 dollars par nuitée, petit déjeuner inclus. Une personne seule paiera 30 dollars par jour, petit déjeuner inclus. Quant au tarif pour une semaine entière, il est de 220 dollars par personne, en pension complète. Des tarifs réduits sont proposés à l’intention des groupes et des familles.
Pour tout renseignement, contacter Assaad Nader aux numéros suivants : 06/520202 ; 06/520206 ou 03/611406.

Arrêt express devant le temple romain de Bziza
Sur la route du retour par Kfar Hilda, un arrêt express est de rigueur dans le petit village de Bziza. Et pour cause, cette localité située à 5 kilomètres d’Amioun abrite les vestiges d’un temple romain dédié au dieu sémitique Azizos. Un temple dont on voit clairement les quatre colonnes de calcaire formant le portique. Trois de ces colonnes, surmontées de chapiteaux ioniques, supportent l’architrave d’origine. L’entrée du temple est également bien conservée. À l’époque byzantine, une église avait été édifiée à l’intérieur.


 


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Un patrimoine architectural d’une grande richesse

A la découverte de Douma, ses 240 maisons classées et ses circuits de randonnées
Il aurait hérité son nom de l’impératrice Julia Domna, épouse de l’empereur romain Septime Sévère (193 et 211 av. J.C.), qui aimait y passer l’été. Douma, petit village du caza de Batroun, fait aujourd’hui la fierté de ses habitants. Et pour cause, il demeure un des rares villages de montagne à avoir conservé son cachet traditionnel. Ses maisons libanaises aux toits de tuiles rouges et en pierre de taille, dont 240 sont classées comme faisant partie du patrimoine national, ses vieux souks qui témoignent d’une importante activité commerciale passée, ses oliviers millénaires qui produisent une des meilleures huiles de la région, la meilleure, selon ses habitants, mais aussi son environnement boisé qui offre, sur fond de chant des cigales, une grande variété de circuits de randonnées en font une destination très prisée des amoureux de la nature.
Amchit, Obeydate, Lehfed, Jaj... l’un après l’autre, les villages côtiers et montagneux défilent. Longue et sinueuse, la route serpente entre les champs d’oliviers et les plantations en terrasses. C’est au terme d’une côte, à une heure trente de Beyrouth, qu’apparaît Douma au fond d’une vallée, tel un scorpion qui se dore au soleil. Un fief à majorité orthodoxe au sein du triangle de pèlerinage maronite que forment Annaya (Saint Charbel), Jrebta (Sainte Rafqa) et Kfifane (Bienheureux Hardini). « Douma la santé, Douma le fer, c’est ainsi que l’on appelait le village, il y a des années de cela », indique le président de la municipalité, Hanna Ayoub. Et pour cause, ce village qui culmine à 1 100 mètres d’altitude, était longtemps réputé pour son climat idéal, mais aussi pour sa production d’armes, épées et fusils, et ses industries de cuir et de bois qui ont fait sa prospérité durant l’époque ottomane. Douma était alors un important centre commercial et industriel qui attirait les habitants de toutes les régions avoisinantes, constituant une plaque tournante entre les régions de Jbeil, Batroun, Tripoli, le Hermel, Baalbeck et la Békaa. Et ce, jusqu’au jour où les Ottomans l’ont brûlée, jetant ses habitants sur les routes de l’exode et les poussant à l’émigration. Depuis la création de la République libanaise et la construction de routes reliant entre elles les grandes villes, Douma n’a jamais recouvré son rôle.



Restaurer le vieux souk, une priorité
Autre témoin de la grandeur passée de Douma, son souk aux 100 échoppes, vieux de plus de 300 ans, dont l’animation était légendaire à l’époque ottomane car il était le centre des échanges industriels de la région. Ferronniers, cordonniers, menuisiers mais aussi agriculteurs y accueillaient alors une clientèle variée venue des confins de la montagne. « Autrefois, raconte Hanna Ayoub, ce souk regroupait non moins de 200 échoppes. Parmi la centaine de celles qui restent, seules 10 sont encore ouvertes et vendent des produits de l’artisanat local, des gadgets, des articles cadeaux, ou servent du café et des boissons. Car l’ensemble des commerçants et des artisans ont été touchés par le déclin », déplore le président de la municipalité. Un déclin qu’il impute à l’éloignement du village et au manque de voies rapides de communication le reliant au littoral. En effet, la route reliant Douma au littoral s’étire sur 44 kilomètres de long, alors qu’un projet d’autoroute aurait déjà dû, il y a belle lurette, ramener cette distance à 17 kilomètres. Certes, les travaux de construction de cette autoroute sont en cours d’exécution, « mais ils avancent avec une lenteur désespérante », constate-t-il, déplorant que la route n’ait pas été achevée pour le Festival de Douma qui se déroule durant le mois d’août, drainant ainsi plus de visiteurs. En attendant la fin des travaux de cette voie rapide tant espérée, Douma entend bien parfaire sa beauté. Au terme d’une dizaine d’années de collaboration entre la municipalité et l’Association de sauvegarde du patrimoine naturel et urbain de Douma, présidée par l’architecte Antoine Fischfisch, de nombreuses demeures traditionnelles ont été sauvées de la démolition, et les propriétaires sont désormais encouragés à restaurer leurs maisons dans le respect du cachet traditionnel du village. « Nous avons même réussi à faire dévier le tracé de l’autoroute qui menaçait 55 maisons traditionnelles ainsi qu’un champ d’oliviers millénaires », raconte M. Fischfisch. « Nous envisageons actuellement de restaurer le vieux souk de Douma, afin de lui redonner sa splendeur passée. L’étude préliminaire du vieux souk, financée par la Direction générale des antiquités (DGA), vient tout juste d’être achevée. Nous entamons de suite la seconde étude qui permettra de mettre en place un plan de réfection », explique l’architecte, spécialiste en restauration d’anciennes demeures. Quant au coût des travaux, ils sont estimés par le président de la municipalité à près de 500 000 dollars. « Mais Douma vaut bien le sacrifice, conclut Hanna Ayoub, car sa richesse au niveau du patrimoine est tout simplement inestimable. »

Le monastère de Mar Youhanna
des grecs-orthodoxes

Le monastère de Mar Youhanna a été bâti au Ve siècle, à l’instar des couvents de la région, sur les vestiges d’un temple païen. Les immenses blocs de pierres qui en constituent les bases avaient été donnés à l’époque par les Romains pour la construction des temples. C’est au Ve siècle que les habitants de la région ont, pour la première fois, embrassé la religion chrétienne. Sur les murs de l’ancienne église du couvent, construite à la même époque, les fresques datent du XIe siècle. Abandonné durant une longue période, le monastère a été restauré au XVIIIe siècle par un groupe de moines qui ont repris la vie monastique. Une seconde restauration a été entreprise au XIXe siècle. Mais une nouvelle fois, durant la guerre libanaise, le monastère de Mar Youhanna a été abandonné et transformé en caserne. Ce n’est qu’en 1990 qu’une nouvelle communauté monastique orthodoxe, la communauté de la Sainte-Trinité, s’y installe pour y revivre une vie traditionnelle. Depuis, le couvent abrite une dizaine de moniales qui y vivent une existence de prière, de contemplation et de travail de la terre. Une nouvelle église construite à l’entrée du couvent, plus spacieuse que la vieille église, accueille désormais les fidèles de la région.

De belles demeures traditionnelles
Les habitants de Douma, dont bon nombre se sont enrichis grâce au commerce et à l’artisanat, ont investi leur argent dans la construction de belles demeures, vers la fin du XIXe siècle. Certaines familles ont même été financées par leurs proches qui avaient émigré en Amérique, histoire de se faire bâtir la plus belle maison du village. Cependant, de nombreuses demeures ont été construites par étapes. Certaines n’ont jamais été achevées. Trois types d’habitations traditionnelles existent à Douma, représentant environ 68 % de l’ensemble des constructions du village, explique l’architecte Antoine Fischfisch. La maison à hall central, appelée communément maison bourgeoise, est la plus répandue à Douma. Constituée d’un large hall desservant de part et d’autre plusieurs pièces alignées, elle est généralement habillée d’un toit rouge, mais peut tout aussi bien avoir une simple toiture plate en béton. Rappelant la maison phénicienne, la maison vernaculaire ou paysanne tient sa particularité de sa forme rectangulaire, de son cloisonnement intérieur léger et de sa toiture en béton ou en terre battue qui jouait le rôle d’isolant thermique. La maison à liwan est peu répandue à Douma car elle est mal adaptée au rude climat hivernal. Limitée à deux chambres qui donnent sur un espace médian familial, elle se distingue par sa grande arcade centrale donnant vers l’extérieur. Une particularité propre à de nombreuses maisons de Douma, les murs intérieurs étaient peints et richement décorés par des artisans. Quant aux meubles, ils étaient l’œuvre des artisans du village.

Dossier de Patricia KHODER

édition du 8 Août 2003





email/courriel du DoumaClub:


Le Festival de Douma

Le festival de Douma entre patrimoine et tradition Du 2 au 24 août 2003, Douma revit sa splendeur passée à travers son festival. Pour l’occasion, le village s’est paré de ses plus beaux atours et le vieux souk a été provisoirement asphalté en attendant les travaux de restauration, afin d’y exposer les œuvres des artisans de la région. Parmi les artisanats les plus développés, le crochet, la ferronnerie et la menuiserie. Tous les jours, à travers le village, une multitude d’activités, de randonnées, de conférences, d’animations, de récitals et de soirées folkloriques sont proposés aux visiteurs, grands et petits, par les Doumaniens soucieux de faire connaître leur histoire et leur patrimoine architectural.

Festival de Douma
Du 2 au 24 août, dans l’arrière-pays de Batroun
Le patrimoine à l’honneur

Douma, charmant village de l’arrière-pays de Batroun, qui se distingue des villages alentours par un cachet très début du siècle avec ses vieilles demeures et son ancien souk, organise son festival du patrimoine. L’inauguration se fera le samedi 2 août, avec la visite du vieux souk à 18h suivie, à 20h, de l’observation de l’espace interstellaire accompagnée d’une exposition intitulée « Terre pomme de l’espace » organisée par la revue arabe Science et monde. À 22h, dîner animé par le chanteur Zein el-Oumr et ses musiciens, à l’hôtel de Douma. Au programme, des activités variées pour tous les goûts. À l’instar de la rencontre avec les jeunes du Dr Ghassan Yaacoub, dimanche 3 août à 11h. À 17h, dans le cadre des séances consacrées au cinéma ancien, projection du film Le vendeur des anneaux.

Douma et ses maisons typiques, vue d'en haut...
>>> Visitez le site DoumaClub.org


– Vendredi 8 août, à 20h30
, rencontre entre rimes, notes et couleurs avec le poète Abdo Zogheib, le musicien Élias Rahbani et le peintre Wajih Nahlé.
– Samedi 9 août, à 20h, soirée orientale poético-musicale. Et, à 22h, élection de Miss Batroun au restaurant Esclapio.
– Dimanche 10 août, à 11h, buffet ouvert de plats traditionnels de la région. À 18h, table ronde au cinéma Fouad sur le thème de l’environnement, avec Hafez Joreige et Pierre Abou Aoun, ainsi que Mounir Abou-Ghanem comme modérateur.
– Jeudi 14, vendredi 15 août et samedi 16, à 21h, au Centre sportif de Douma, spectacle Le jugement du destin, inspiré d’une pièce de Shakespeare. Mise en scène : Joe Moukarzel. Chorégraphie : Assaad Élias. – Samedi 16, de 15h à 18h, rencontre avec Najla Bachour, dans le cadre du Salon du livre, qui se tient dans le bâtiment municipal. À 17h, Nassim Joseph Chalhoub signera son livre intitulé Cinéma Fouad. À 18h, au cinéma Fouad justement, les ingénieurs et architectes Naji Karam, Fadi Asmar et Antoine Fechfoch donneront une conférence sur le thème du patrimoine architectural.
– Dimanche 17, à 11h, rencontre autour du recueil de poèmes soufis de Jérôme Chahine. À 17h, lancement de la Semaine sportive de Douma.
– Vendredi 22 août, à 18h, toujours dans le cadre du cinéma patrimonial, projection, au cinéma Fouad, de Safar Barlak, le film des Rahbani avec Feyrouz. À 21h, soirée artistique dans le vieux souk.
– Samedi 23, à 18h, rencontre, au cinéma Fouad, avec Issam Khalifé, Rafic Bassil et Jérôme Chahine. À 21h, banquet folklorique au Centre sportif de Douma.
– Dimanche 24, à 17h, les jeunes talents de Douma clôtureront le festival, avant de terminer la soirée avec un groupe d’artistes dans le vieux souk.
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> A savoir
: la Municipalité de Douma est jumelée avec celle de Digne les Bains, située dans les Alpes de Haute-Provence dans le sud de la France.
>>> A voir: la page du jumelage

Pour plus de renseignements, consulter le site Internet
http://www.doumaclub.org


Douma, paradis de l'écotourisme et du dialogue des cultures au Liban
Camp de travail pour trente jeunes volontaires français et libanais à Douma près de Batroun

Chaque été, le club de Douma, dans la région de Batroun s’active pour initier des activités sociales, touristiques et culturelles, susceptibles d’enrichir quelque peu le quotidien des habitants de la localité et de la région. Cette année, une quinzaine de jeunes Français et Libanais ont été invités à participer à un camp de travail dont le coup d’envoi a été donné à la fin de la semaine dernière. Ces volontaires, âgés entre 18 et 30 ans, encadrés par six animateurs, s’employaient en Août 2002 à aménager un sentier pédestre dans la montagne de Feghré (Douma).
Objectif de ce projet :
promouvoir l’écotourisme dans la région. Le village de Douma, réputé, entre autres, pour ses maisons en tuiles rouges et sa forme en scorpion, est classé par le ministère du Tourisme comme village touristique et a été désigné dans les années 70 comme l’un des plus beaux villages du Liban. Mais à Douma, on ne dort pas sur ses lauriers, ou plutôt ses oliviers (qui font la particularité de la région). Il faut savoir exploiter ses atouts afin d’en faire profiter les autres. C’est ce qu’a décidé de tenter le Club de Douma en collaboration avec M. Amine Saadé, spécialiste du développement rural, des activités des jeunes et des camps de volontaires. Cette action est entreprise en collaboration avec Mme Dominique Flores de l’Association du Rocheton (Meulen, France). Cette association française a pour but de « développer toutes les activités d’accueil, d’animation, d’éducation et de service social, soit dans le cadre d’activités de loisirs, soit par le biais d’actions de formation, soit en apportant un soutien aux jeunes en difficulté, aux réfugiés ou à divers groupes des pays du tiers-monde (...) ». La vice-présidente du Club de Douma, Mme Hayat el-Hajj Chalhoub, a eu l’idée il y a quelques années de promouvoir l’écotourisme dans la région. Aujourd’hui, le Club de Douma, présidé par M. Farès Sawaya, a relevé le défi, à savoir: regrouper des jeunes de Douma et d’autres régions du Liban (Hermel, Saïda, Békaa, Beyrouth) avec des jeunes Français en vue de tracer dans la montagne un sentier pédestre qui sera un atout touristique de plus pour le village. Un projet qui tombe à point nommé à plus d’un titre. D’abord, l’année 2002 a été décrétée par les Nations unies année internationale de l’écotourisme. Ensuite, le Liban place toutes les activités organisées dans le pays depuis plusieurs mois, dans la perspective du sommet de la francophonie, sur le thème du dialogue des cultures. Le camp de travail organisé à Douma combine ainsi parfaitement les deux thèmes de l’écotourisme et du dialogue des cultures.

Une double approche
Le projet d’aménagement d’un sentier pédestre à Douma vise à combiner deux approches complémentaires. L’aspect purement matériel permet de développer, en préservant l’environnement naturel, l’écotourisme, qui constitue un important atout économique pour les régions rurales isolées. Parallèlement, l’aspect social tend à favoriser les notions de partage, de solidarité, de remise en question, en sus de l’interaction des cultures et des religions. Dans la pratique, le sentier pédestre sera tracé dans la montagne sur les traces d’un vieux sentier utilisé anciennement par les bergers. D’une longueur de 3370 mètres, il aura pour point de départ le siège du Club de Douma et se terminera à 1900 mètres d’altitude. Des coins de pique-nique avec sept aires de repos sont prévus, ainsi que des tables, des bancs, des poubelles et des pylônes d’électricité en bois fabriqués à la main par les jeunes volontaires. Les trente jeunes (quinze Français et quinze Libanais) logeront dans un camping aménagé pour l’occasion par le Club de Douma, sur un terrain de 5000 mètres carrés. Le camping sera formé de sept tentes avec des douches, une cuisine, un terrain de tennis. À proximité immédiate, se trouve un jardin public avec des espaces de jeux pour enfants, financé par la ville jumelle de Douma, Digne-les-Bains (France).

Des activités variées
Parallèlement aux travaux d’aménagement du sentier pédestre, d’autres activités sont prévues afin de rendre le séjour plus interactif et agréable. Parmi les activités proposées : des ateliers de poterie ; du théâtre ; de l’informatique ; des travaux utilisant le bois et la mosaïque. Les activités serviront également à l’apprentissage ou à la pratique de la langue française. Pour les habitants du village, des soirées musicales à thème seront prévues. Préparer un tel camp de travail n’a pas été chose facile, aussi bien sur le plan financier qu’au niveau de l’organisation et de l’aménagement. Le coût total du projet s’élève à 30 millions de livres libanaises. Ce montant est couvert par le Club de Douma et la municipalité, aucune aide ministérielle n’ayant été accordée. Malgré les difficultés rencontrées, surtout au niveau financier, l’accomplissement de ce projet est la preuve que la notion de solidarité ne peut en aucun cas être perçue uniquement sous l’angle financier et matériel. Les liens qui se tisseront durant ce séjour seront un gain inestimable pour tous les participants. Reste à espérer que l’initiative du club de Douma servira d’exemple à d’autres villages, de manière à permettre aux habitants des régions rurales de s’investir dans le dialogue des cultures et des religions à travers des projets enrichissants pour le développement de l’écotourisme au Liban.

Douma, un village fier de son patrimoine
Douma s’étend sur le flanc d’une colline dans le caza de Batroun. Vu du sommet, le village a la forme d’un scorpion. Sa superficie est de 9,7km2, à une altitude de 1100m. Douma est à 35 km de la ville de Batroun, et à 85 km de Beyrouth. En hiver, le nombre d’habitants est de 2000 alors qu’en été, il atteint 3500. L’origine du mot vient de l’ancien grec signifiant maison ou château. Douma est également le nom d’une impératrice orientale, épouse de l’empereur romain Septime Sévère. On l’appelle également Douma el-Hadid (ou fer) par allusion aux minerais de fer et aux nombreux gisements qui s’y trouvaient. Des 1878, les missionnaires américains fondèrent à Douma une école. En 1897, une autre école privée enseigna l’arabe, l’anglais et le turc. La société moscovite a subventionné de 1897 à 1914 deux écoles orthodoxes qui furent ensuite financées par la société Zahret el-Ihsan de Cordoba, en Argentine. Actuellement, on y trouve une école primaire des sœurs chouérites, une école publique, un lycée officiel et technique. Il y a environ 100 ans, un journal fut édité à Douma, écrit à la main. Le théâtre débuta en 1895 à Douma, financé par les émigrés et dirigé par les Moscovites. Il y avait même un cinéma, el-Fouad, inauguré en 1940. Le club de Douma a été fondé en 1943 et ses activités ont toujours été le point d’attraction des touristes au village. Renommé pour ses eaux minérales, Douma était un centre thermal pour les cures d’estomac. Les Romains y édifièrent un temple dédié au dieu de la médecine (son sarcophage est exposé sur la place du village) et c’est l’orientaliste Ernest Renan qui, en 1860, lors d’une visite, déchiffra l’écriture gravée sur le sarcophage et la publia dans son ouvrage Mission en Phénicie. En 1867, on trouvait deux pharmacies à Douma et un peu plus tard, il y eut un hôpital. Sur le plan agricole, Douma est connu pour ses oliviers et ses pommiers. Les loukoums et l’huile d’olive sont des spécialités du cru. Depuis 1985, Douma est jumelé avec la ville de Digne-les-Bains (Alpes de Haute-Provence, France) : ce jumelage a duré presque 17 ans et des échanges de groupes et de dons sont toujours en cours. Les amitiés qui se sont liées entre ces deux villes prouvent la réussite de ce jumelage toujours actif. Pour relancer le contact entre les émigrés et les habitants de Douma ainsi que pour promouvoir les activités touristiques et culturelles du village, un site Web a été créé : doumaclub.org

Qu’est-ce que l’écotourisme ?
S’il n’existe pas de définition universelle de l’écotourisme, il est cependant possible d’en résumer les caractéristiques générales comme suit :
1 - L’écotourisme rassemble toutes les formes de tourisme axées sur la nature et dans lesquelles la principale motivation du tourisme est d’observer et d’apprécier la nature ainsi que les cultures traditionnelles qui règnent dans les zones naturelles.
2 - Il comporte une part d’éducation et d’interprétation.
3 - Il est généralement organisé, mais pas uniquement, pour des groupes restreints par de petites entreprises locales spécialisées. On trouve aussi des opérateurs étrangers de dimensions variables qui organisent, gèrent ou commercialisent des circuits écotouristiques, habituellement pour de petits groupes.
4 - L’écotourisme s’accompagne de retombées négatives limitées sur l’environnement naturel et socioculturel.
5 - Il favorise la protection des zones naturelles : - en procurant des avantages économiques aux communautés d’accueil, aux organismes et aux administrations qui veillent à la préservation des zones naturelles ; - en créant des emplois et des sources de revenus pour les populations locales ; - en faisant davantage prendre conscience aux habitants du pays comme aux touristes de la nécessité de préserver le capital naturel et culturel.


Août 2002